Peuple Ingouvernable = Mal-gouvernance ( Par SIMMAY)

0
122

Un gouvernement sort des entrailles du peuple qu’il gouverne. Il en est à la fois, le phénotype et le génotype.

Il n’y a pas, il ne peut pas y avoir, de rupture entre un gouvernement et le peuple gouverné. Un gouvernement est un prolongement qui grossit les mœurs du peuple qu’il gouverne. Au Sénégal, nous glosons sans arrêt sur les tares, les manquements, les hypocrisies voire les perfidies de nos gouvernants. Pourtant, il est simple de comprendre les démarches et les procédés de nos gouvernants. Le Président Mamadou Dia et son gouvernement ont été démis. Les députés avaient voté une motion de censure à leur encontre. Pourquoi ?

Ils avaient décidé d’explorer les possibilités d’un autre modèle économique. Ils demandaient à notre peuple de la rigueur et de la discipline. Ils voulaient élaguer de l’héritage de ce peuple la part néfaste du legs Ceddo. Par la suite, nous dîmes adieu au régime parlementaire. Nous adaptâmes le régime présidentialiste. Ce régime est le plus convenant au peuple sénégalais ?!

En tout cas, le temps a démontré que ce régime ne dérange personne dans ce pays : il suffit que le Président joue le jeu ! Et la constitution présidentialiste fut voté. Pour perdurer, elle généra le clientélisme.

Le clientélisme ! Voilà le mal profond de notre pays, depuis 1963! La constitution de cette année, et ses ersatz, confina le Sénégal et les sénégalais dans la prédation des ressources publiques. L’impunité est garantie par l’allégeance au Prince. Cette impunité première engendra une série d’autres impunités dans le champ social. La conséquence : tout est permis dans cet étrange pays. Rien ne heurte plus personne. Quand la honte disparaît d’une communauté, cette communauté perd son âme. Chacun se réfugie derrière et dans la liberté pour excuser l’autre. Ce qui, au fond, lui permet de s’excuser et de se faire excuser; lorsqu’il lui arrive de faillir. Ce qui ne manque jamais d’arriver.

                            Aujourd’hui, malgré les slogans, le mal prolifère.

Nous reconnaissons tous que l’inauguration de l’AIBD a été prématurée. On dira : le Président de la République a été mal briefé par ses collaborateurs directs et/ou indirects. Mais c’est lui qui, librement avec son pouvoir discrétionnaire, les a choisis. C’est lui, et lui seul, qui les maintient là ou ils se trouvent. Les aiguilleurs, quelles que soient les légitimités de leurs doléances n’avaient pas le droit de faire la grève! Le patriotisme aurait du les en dissuader!

La dame Bousso qui lui a délivré l’autorisation de construire sur les terrains du Sieur TALL ?! Où sont les services affectées à ces situations, à ces problèmes ?

Car, enfin, la propriété des terrains, le permis de construire, le suivi des travaux relèvent de domaines de compétence bien précis. Ces domaines de compétences sont régis par des lois, des décrets, des arrêtés. Mais au Sénégal il n’y a ni faute ni responsable. Au mieux il n’y a que des victimes. Pourtant des normes légales et administratives, nullement étanches existent. Elles ont été érigées pour prévenir la survenue de ce genre de désagrément. Mais on en fait pas usage!

Ne blâmons, ni Mr X ni Mme Y, le mal est en NOUS. Nous sommes le MAL! 

Je parle de notre peuple : toutes couches confondues, toutes populations mêlées.Le gouvernement sénégalais se trouve limité dans l’accomplissement de ses diverses missions par nos catégories morales «biaisées» et nos valeurs sociales «corrompues». Ce pays a cultivé l’art de dédouaner le plus grand coupable. Il suffit au coupable de larmoyer. Il suffit que ses parents et ses ami(e)s entonnent le concert des lamentations.

Ici, toute autorité est condamnée à faire baisser la température de ses «rigueurs». S’il ne le fait pas, il est perçu comme un paria. Il est vu comme un Ovni. Et son rejet est décrété, d’abord, par sa famille et son clan. Notre modus vivendi a pour socle : «Ressembler à tout le monde». Notre orthodoxie sociale ne tolère aucun dérapage par rapport à sa feuille de route Nous ne sacralisons que le nivellement dans l’irresponsabilité. Nos compromis sociaux, nos compromissions avec les règles et les normes, nos ruses avec les principes sont notre unique boussole. Il ne faut surtout pas violer notre quiétude née de notre modus vivendi.

                                            Alors! Que faire ?! 
1°) Avoir le courage de reconnaître que nos pratiques sociales les plus usitées ne peuvent qu’accentuer le désordre.

2°) Nous avouer qu’une révolution sociale préfigurant une mutation sociologique est nécessaire voire inévitable.

3°) Accepter les contraintes de la responsabilité, jumelle de la liberté. Une liberté sans responsabilité a pour nom : LA FOLIE.

4°) Nous immerger dans l’esprit de la mondialisation, c’est à dire d’une compétition effrénée et acharnée, ou tout manquement est sanctionné par le manque de compétitivité : en tout domaine.

5°) Concevoir une constitution dans laquelle la prééminence ne serait plus dévolue à un individu, mais à la collectivité. La conscience individuelle ne peut faire preuve de plus de responsabilité que la conscience collective.

Le Sénégal ne doit pas être chloroformé par le laisser-aller, quelle que soit la volupté du laisser-aller. Pour réaliser le Sénégal de nos rêves. Il urge que nos compatriotes deviennent des patriotes. Il est nécessaire qu’ils cessent d’être des nationalistes chauvins.

SIMMAY (Journaliste à POINTDAKAR.COM)

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here