Drôle de peuple – Drôles de gouvernants

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Le peuple sénégalais est bavard. C’est incontestable. Le peuple sénégalais est versatile. C’est incontestable. Le peuple sénégalais est passif. C’est incontestable. Le peuple sénégalais ne va jamais devant les épreuves. Le peuple sénégalais est conformiste, il n’aime pas les changements. Le peuple sénégalais vit un patriotisme délétère : Il s’enferme dans une supériorité aux autres peuples.

Cette supériorité imaginaire, rassure, et conforte des illusions tenaces. Le peuple sénégalais préfère attendre des miracles pour la satisfaction de ses désirs. Le peuple sénégalais n’a pas appris à s’épuiser dans l’ouvrage pour satisfaire ses vœux. Il n’appréhende pas l’avenir sous le prisme de laisser aux générations futures des conditions de vie meilleurs. Le sacrifice dont il ne jouira pas des fruits ne fait pas partie de ses paradigmes culturels.

Il s’ensuit que ce peuple s’accommode de tout pourvu que son présent  ne l’expose pas à des incertitudes qui remettent en cause sa dérisoire quiétude. Il s’ensuit que ce peuple cultive le génie de transformer toutes les palinodies en actes de courage de responsabilité, de lucidité. Il s’ensuit la manie de composer avec la force la plus nuisible, quitte à déclarer que cette force est un bienfait potentiel. Les deux premières décades du 21e siècle n’ont guère modifié le rapport fondamental du sénégalais avec la vie et avec les choses de la vie.

Les dirigeants sénégalais eux mêmes sénégalais devant l’éternel usent et abusent de ces tendances sénégalaises pour ne pas faire ce qu’il faut afin d’améliorer durablement la qualité et le mode de vie de ce peuple.

Arrêtons nous un peu à la Constitution. Depuis 1963, c’est à dire depuis 54 ans (il n’y a guère l’age de la retraite dans ce pays était de 55 ans) nous avons la même Constitution de type presidentialiste. Les réformes initiées, les variations apportées n’ont guère changé l’esprit de la loi fondamentale. Même si la lettre a connu des changements. Les générations successives de sénégalais s’en plaignent, mais ne luttent pas vraiment pour en remettre en cause l’esprit. Les dirigeants donc ne s’astreignent pas à devenir des démocrates. Ils se permettent tout ils ne respectent pas leur peuple. Ils prennent des engagements qu’ils ne respectent pas. Ils promeuvent des lois qu’ils violent sans sourciller. Ils font dans le dilatoire. Ils corrompent, il est vrai que le terreau est fertile. Ils sont tout le temps dans la tartufferie. Il savent que, de toute façon, tout leur sera pardonné.

Les gouvernants sénégalais encouragent la transhumance. L’actuel président de la République a répondu à un journaliste qui dénonçait le phénomène : « Toi même tu as quitté une radio pour une autre! Alors? »  Fermez le ban. Il n’y a ni morale ni éthique. Tout est permis. Pourvu qu’on se couche en paix, qu’on se réveille en paix, même si un repas par jour n’est pas garanti.

Voilà donc l’osmose entre le peuple sénégalais et les dirigeants sénégalais ! Quand les autres marchent vers l’avenir à pas de lièvres. Nous, nous marchons vers l’avenir à pas de tortus. Avec une bonne conscience en plus ! Notre pirogue ne prend pas de risques. Elle adore les eaux calmes et les vents doux. Et les passagers sont indifférents à la couleur de l’horizon. Ainsi soit-il !

SIMMAY (Journaliste à POINTDAKAR.COM)

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