Sénégal : Hommes d’états ou êtes vous ?

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Gabriel Garcia Marquez dans douze contes vagabonds, fait dire à un ancien président de la République : « Et tous ils ont fait la même chose que moi. Ils ont usurpé un honneur que nous ne méritions pas, en exerçant un métier que nous ne savions pas faire. Certains ne briguaient que le pouvoir, la plupart moins encore : un emploi.» Nous n’osons pas croire que les hommes politiques prétendus hommes d’état peuvent être rangés dans cette catégorie. Cependant, nous sommes troublés. 

En effet, ce qu’on appelle communément l’ébullition sociale trouve sa raison profonde dans les revendications financières des syndicats, de tous les syndicats. Or, jusqu’ici nous n’avons entendu aucun de ces hommes politiques, s’insurger contre ces revendications. Aucun de ces hommes politiques n’a osé proposé la seule médication qui s’impose. Ils s’emmurent tous dans un silence suspect et inquiétant. Car, ce qui est en jeu c’est l’avenir de notre cher pays.

Tout le monde sait que la masse salariale est excessive par rapport à l’activité économique qui a cours dans le pays. Tout le monde sait que l’augmentation désordonnée et inique de la masse salariale est la résultante des lubies d’un vieux président, obsédé par sa réélection et l’ascension de son fils biologique. En son temps, en l’an 2007 au cours de la campagne pour l’élection présidentielle, un des candidats avait affirmé que les augmentations de salaires étaient «sauvages». Depuis lors, aucune déclaration publique dénonçant cet état de fait!

Alors ?! Le patriotisme comment se manifeste t-il ? Or, nous savons tous que l’homme d’état doit être habité par un patriotisme ardent. Il doit également, si nécessaire, affronter son propre peuple si l’intérêt général des populations l’exige. La seule religion, la seule référence, la seule lucidité, le seul courage de l’homme d’état doivent être la défense absolue, contre tout de l’intérêt général. En fait, non seulement ces augmentations ne sont pas sous tendus par les potentialités de nos ressources. Mais, et c’est là ou le bât blesse, elles n’obéissent à aucune rationalité, elles ne sont nullement sources de progrès sociaux. Il faut LE dire pour le déplorer, ces augmentations sont les vecteurs d’injustices qui favorisent, l’absentéisme, le laissez aller et l’indifférence à la chose publique c’est à dire le lien national fondamental.

Peut-on comprendre qu’un magistrat après quatre années d’études universitaires et deux années d’études post-universitaires puisse percevoir au moins trois fois plus qu’un professeur de Mathématiques qui a obtenu une maîtrise après quatre années d’études universitaires et deux années d’études post-universitaires ? Là est le problème. Tant que la justice ne sera pas rétablie le front social, ne cessera pas d’être en ébullition.

Le chef d’état a le devoir de parler à tous les responsables de ce pays, à toutes les populations de ce pays pour corriger les décisions qui, disons-le, plombent ce pays.

Le salut du Sénégal est en jeu. Cet enjeu dépasse nos personnes. De plus, la citoyenneté signifie quelque chose. Cette citoyenneté doit amener tous les sénégalais à regarder la vérité en face, à se regarder les yeux dans les yeux, pour trouver les meilleurs solutions. Arrêtons les faux fuyants. Le pays en a assez souffert.

Il n’est pas saugrenu de proposer un référendum sur la question. Selon les marxistes les lois ne sont que la normalisation des rapports de force qui ont cours dans le champ social. Est-il normal que seulement un pour cent de la population s’adjuge 20 pour cent de la richesse nationale. Cela frise l’aberration. Nos hommes d’état sont interpellés par l’histoire. Il ne s’agit plus de politique, mais d’histoire avec un grand H

La situation les somme d’assumer leurs responsabilités envers et contre tout. Etre homme d’état ne réside pas seulement dans le fait de gérer les affaires courantes, ainsi que de caresser les populations, dans le sens du poil.

Harry Truman, le successeur de Franklin Delanoe Roosevelt a déclaré un jour : « Quand je trouve sur mon bureau, une décision à prendre. Je sais qu’elle est difficile. Si non, dans la chaîne décisionnelle quelqu’un l’aurait prise, et ne serait pas arrivé à mon bureau.» Homme d’état, un sacerdoce qui a des exigences. Il faut savoir se soumettre aux servitudes de ces exigences. Pour le salut public !

SIMMAY (POINTDAKAR.COM)

 

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