La TFM invite son chroniqueur Songhé Diouf à présenter ses éxcuses

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Songhé Diouf, le chroniqueur de l’émission « Jakaarlo bi » de la TFM (privée) « doit avoir l’humilité de présenter ses excuses » après sa sortie sur le viol qui a heurté plusieurs personnes, a déclaré, mercredi, sur la radio du même groupe, Bouba Ndour, le directeur des programmes de la chaîne de télévision.

« Le professeur doit présenter ses excuses, personnellement, sa sortie m’avait gêné et j’ai eu à le dire au cours de l’émission », a rappelé le directeur des programmes invité de l’émission RFM matin.

« Quand on commet une erreur, on doit avoir l’humilité de la reconnaître et de présenter ses excuses », a commenté le responsable de la chaîne qui intervient lui-même dans l’émission « Jakaarlo bi » lancée il y a quatre ans.

Mardi, le CNRA (Conseil national de régulation de l’audiovisuel) a, dans un avis rendu public, enjoint la Direction de la TFM à mettre un terme définitif aux manquements notés dans la dernière émission « Jakaarlo Bi » et à éviter toute rediffusion sous peine de l’application des sanctions prévues par la loi.

« La conception de la programmation audiovisuelle se fait dans le strict respect de la réglementation qui, surtout en matière de traitement de sujets touchant l’honneur et l’intégrité de la personne humaine, exige un profond sens de la responsabilité et une préparation particulière de la part des intervenants à l’antenne », relève le document du CNRA.

« Cette exigence a été bafouée lors de l’émission +Jakaarlo bi+ du 09 mars 2018. C’est ce qui justifie les observations-mises en garde adressées à TFM », indique l’organe de régulation dans cet avis transmis à l’APS.

Au sujet du professeur Diouf, le directeur des programmes informe que la direction de la chaîne se réunira pour la suite à donner à sa participation à l’émission.

« Je suis un employé, j’ai des patrons qui se réuniront certainement pour trancher », a dit M. Ndour, ajoutant que la Télévision Futurs médias n’a pas encore été saisie officiellement de plainte.

’’Mais TFM ne cautionne pas cette sortie’’, a insisté M. Ndour.

Pour l’organe de supervision, « le plateau de l’émission a servi de prétexte au chroniqueur pour faire d’un sujet aussi grave, un objet de dérision, en
affirmant, pour justifier les cas de viols dont sont victimes les femmes, que ces dernières sont les responsables de leurs propres viols, à cause de leurs
choix vestimentaires ou de leur plastique ».

Or, ajoute le CNRA, « de tels propos sont d’une gravité extrême si l’on sait que des femmes sont violées, violentées et tuées, mises au ban de la société, rejetées par leurs familles ou données en mariage à leur violeur ; données en mariages précoces ou forcés à la suite de viol ».

Parlant de la « responsabilité » du présentateur, ce dernier, « loin d’arrêter la dérive, a enfoncé le clou, en banalisant auprès des autres intervenants, la désinvolture du chroniqueur », déplore le CNRA.

Selon l’avis, « un tel comportement est d’autant plus grave qu’il est attendu d’un présentateur qu’il exerce son rôle qui est de rappeler à l’ordre les participants à l’émission et de faire la police de son plateau ».

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